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On
évalue à trois cent cinquante millions
le nombre de porteurs chroniques susceptibles
de transmettre la maladie. Chaque année,
environ un million de personnes décèdent
d'une complication due à l'infection (cirrhose,
cancer du foie). Ce qui a poussé l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) a recommander
la vaccination généralisée
dans tous les pays.
En
Suisse, le virus B a quelque peu été
occulté au profit de la lutte contre une
autre maladie sexuellement transmissible, le sida.
Il a néanmoins bénéficié
des campagnes de prévention puisque le
préservatif protège également
contre ce virus.
Si
notre pays (France) appartient aux zones de faible
endémie, on estime tout de même que
deux mille à trois mille nouvelles infections
VHB surviennent chaque année. La fréquence
des cas chroniques s'élève à
0,3% de la population, soit environ vingt mille
personnes. On peut imputer au VHB une soixantaine
de décès par an, dont une dizaine
dus à une hépatite fulminante.
Les
individus les plus concernés sont les consommateurs
de drogue par injection. Mais les rapports sexuels
constituent un des principaux vecteurs de la maladie.
«Le virus B est beaucoup plus infectieux
que le virus du sida, précise Raoul Kammerlander,
médecin à l'Office fédéral
de la santé publique (OFSP). Le risque
de contracter la maladie augmente drastiquement
à partir de l'âge de 15 ans.»
Telle
qu'elle est aujourd'hui recommandée, la
vaccination généralisée contre
l'hépatite B vise les 11-15 ans, juste
avant l'âge à risque (entre 15 et
30 ans). Afin de toucher un maximum d'écoliers,
cette campagne s'appuiera sur une collaboration
intensive avec la médecine scolaire. En
outre, pour mieux faire passer le message, une
information réalisée par et pour
les jeunes sera prête d'ici cet été.
L'objectif de l'OFSP est d'atteindre une couverture
vaccinale de 80% d'ici deux à trois ans.
Les cantons de Vaud, de Genève et du Valais
ainsi que la ville de Zurich y travaillent déjà
activement.
La
protection des adolescents est complétée
par celle des personnes à risque, comme
les professionnels de la santé, et le dépistage
prénatal, qui permet de vacciner les enfants
nés de mères positives. Sur le plan
pratique, la vaccination contre le VHB, dont le
remboursement est prévu par la loi, prévoit
trois injections. Les rappels ne sont pas nécessaires.
L'efficacité
et la tolérance du vaccin sont excellentes.
Une réaction allergique sévère
et immédiate peut toutefois survenir une
fois sur six cent mille injections. Quant à
la rumeur d'un possible lien entre l'apparition
d'une sclérose en plaques et le vaccin,
il n'y a pas d'élément pour établir
une telle relation, affirme Raoul Kammerlander.
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